29/12/2012

Construction d'une arbaléte par Modl



Je vais vous indiquer comment fabriquer une arbalète relativement facilement.

Son problème (pour le moment), c'est un certain manque de puissance (l'arc fait moins de 80 livres, il en faut au moins 100 sur une arbalète vu les frottements).

On commence par tracer un gabarit en carton de l'arbrier.



Ensuite, on reporte sur une planche. Ici, c'est du pin de GSB, qualité médiocre...



On perce des trous dans les angles, et on découpe à la scie sauteuse.

Il faut ensuite tourillonner les deux parties obtenues, qui vont
permettre de travailler correctement et de façon symétrique l'arbrier.



Ensuite, on sort la défonceuse, une fraise droite et on creuse
l'emplacement de la détente. Ici, un système simple qui fait sortir la
corde d'une saignée.



L'arc est la faiblesse de cette arbalète (moins de 80# : on arme facilement à la main !!!), mais je l'ai surtout bricolé pour valider le concept de détente. La prochaine aura un arc plus costaud.
On peut avoir au moins 85# avec du rotin (j'en ai une qui a fait ce poids).
On peut faire un arc d'arbalète avec des ressorts, mais la puissance peut-être monstreuse !!!
Et il faut le travailler sans détremper la lame, pas simple...
Je fais mes arcs en rotin. Les prochains seront en bois de pays, mais demande un peu de travail.
Pour défoncer correctement, je me suis bricolé des gabarits simples : un tasseau sur une planchette en CTP de 3,6mm, on passe la défonceuse et on est sûr du coup d'avoir le bon gabarit !!!



Ensuite, avec une fraise à 45°, on peut s'occuper du "rail" de guidage de l'arbalète.


Voilà
le système de détente que j'ai prévu; tiré de Webarcherie. Ca va du
très simple, comme celui-ci, au super-méga compliqué, comme d'autres...

Pour
ça, j'ai contrecollé 4 épaisseurs de CTP de 3,6mm, à la colle blanche.
Quand c'est sec, on perce le trou (6,5mm pour laisser un peu de jeu),
on coupe et on ponce.



On procéde donc par essai...






Ensuite, grâce à l'assemblage à blanc, par tourillon, on peut vérifier "en vrai". L'axe est du tourillon de hêtre de 6mm.



et quand on "tire"...



De toute façon, faudra ajuster peu à peu... Gardez la poncette au chaud !!!
 Ensuite, collage (bête colle blanche, périmée en plus !!!).




Ensuite, on détoure l'arbrier à la scie sauteuse, histoire d'alléger tout ça. J'ai voulu une arbalète avec une crosse, qui permette une visée "classique"...

 On va maintenant fabriquer

l'étrier pour l'armement, à base de CTP de 3,6mm (oui, je sais, mais j'avais une grosse chute à rentabiliser !!! Very Happy ).
On coupe des bandes de 3 ou 4 cm de large



On prépare un gabarit avec des tourillons



On recommence une deuxième fois pour avoir les deux côtés !!!
Une autre vue du gabarit, peut-être plus explicite



Ensuite, on peut assembler avec un bout de tasseau qui va servir pour poser le pied. Il est collé, avec un renfort (du tourillon de 6mm de diamètre, chute de l'axe de la détente !!!).



L'arbrier subira une défonce pour que l'étrier s'intégre bien.


Ensuite, je voulais pouvoir coincer facilement les carreaux, et pouvoir aussi "viser" (quoi que cet aspect est toujours pas réglé, mais j'ai des idées pour la prochaine).
On va donc construire un "calle-carreau-viseur" suivant le modéle ci-dessous :

Pour ça, on utilise les chutes de découpe de l'arbrier, qu'on coupe-ponce pour qu'il puisse s'adapter comme il faut sur l'arbrier.
Les photos sont pouraves, désolé... Crying or Very sad



Il est démontable, et le ressort pour coincer est pris aussi dans les vis qui vont bien. Le coinceur est une fourchette de collectivité, qui s'est enfuit en se cachant dans ma poche, et qui s'est sacrifiée pour la bonne cause...
On peut ensuite fixer le tout sur l'arbrier


On peut ensuite envisager de fignoler un peu l'arbrier, et faire les essais définitifs pour l'étrier



Pour l'arc, j'ai pas de photo. C'est un morceau de rotin d'environ 38mm de diamètre, sur 1,1m de long. Pas assez de diamètre, pas assez de reflex... Et pas assez puissant de toute façon !!! Mais j'y travaille...
On va ensuite faire des carreaux. Du tourillon de hêtre (pas le mieux, pas mais autre chose dans mes GSB...) de 10mm pour le fut, et une pointe métallique. Pour ça, j'ai pris du rond de fer de 10mm, qu'on perce au centre, on passe un coup de tareau, et on a un pas de vis de 5mm. On boulonne un boulon (!!!) dedans, on coupe la tige filetée, on met tout ça dans le mandrin d'une perceuse, on sort la meuleuse et on meule jusqu'à avoir ça



Il faut ensuite fabriquer une corde pour l'arbalète. J'utilise du lin de GSB. La coutume en archerie, c'est de prendre 4 fois la puissance de l'arc, histoire d'avoir de la marge. Ici, j'utilise la méthode dite "Pédro" du nom de celui qui me l'a montré. On tend donc la ficelle, sur 2,5 fois la longueur. Ici, j'ai fait 8 aller-retour.



On cire abondamment la corde, avec de la cire d'abeille standard.



Cette photo histoire qu'on voit bien le principe



Ensuite, on sort sa visseuse (ou ça chignole si on n'a pas d'électricité). J'ai un crochet (récup d'une toiture en ardoise) qui me sert pour cet usage



Et on visse, pour ma part dans le sens des aiguilles d'une montre. On tourne, on tourne... Quand le toron commence à s'épaissir, on arrête, on dégage le crochet et on va accrocher le bout à la pointe fixe (on divise la corde en deux en somme).


On met la boucle dans le crochet, et on visse en sens inverse !!!



On se retrouve au bout de quelques dizaines de tours avec une corde solide et épaisse.



Ici, le lin résiste en moyenne à 14 kg. 16 brins vous donnent donc une résistance théorique de 224 kg, soit 200 kg si on compte les bizarreries du lin.
Il faut ensuite faire les boucles de la corde : pour celà, on va passer le bout dans le toron, comme sur la photo



Ensuite, on repasse à l'envers



Et quand c'est terminé, on passe toute la corde dans le bout : la boucle est bouclée, et ne peut se défaire. Faut quand même recommencer pour l'autre bout de la corde !!!



Pour terminer, une photo de l'arbalète finie. Elle a juste été passée à l'huile de lin
L'arc n'est pas assez puissant... Sad Ca sera pour la prochaine...



Très sincèrement, la seule vraie difficulté de l'arbalète, ben c'est l'arc !!! Et en plus, comme je l'ai raté, je peux en parler facilement !!! Si vous savez vous servir normalement d'une défonceuse, c'est sans problème.
Je sais que je vais refaire un arc beaucoup plus puissant, en rotin toujours, histoire de taper dans les 100 livres au moins. Ce qui m'importe, c'est d'avoir un tir direct à au moins 25 mètres.

Pour le reste, puis-je rappeler que la chasse à l'arbalète est interdite en France, et que ça reste quand même un jouet très dangereux... à réserver aux adultes.
Pour l'arc en acier, je connais des gars qui s'y sont collés. La difficulté n'est pas de trouver la lame de ressort (une bonne casse en fournit pas mal), mais de la travailler. Tous ceux qui s'y mettent mentionnent le travail, long (pour ne pas détremper), délicat pour l'équilibrage, sans parler du ponçage pour diminuer la puissance (oui oui, la diminuer). Sur WE, un arbalètrier a calculé (pas moyen d'armer !!!) qu'une lame brute, certes épaisse, avait une puissance de plus de 5000 livres !!! Il faut donc en plus l'amincir...

Pour l'option détrempe-travail-retrempe, c'est trop compliqué d'après les forgerons de WA... Et là, j'y connais rien, donc, je leur fais confiance.
L'arc contrecollé est une option que l'envisage sérieusement, avec des lames dégressives en épaisseur, collées plutôt à la colle blanche extérieure (plus souple que l'époxy pour cet usage précis). Les puristes travaillent à la Titebond III, une colle pour luthier, mais je préfère travailler avec ce que je trouve sur place (mon côté survivaliste à moi...)Mes premières expériences ayant explosées, et le temps n'étant pas avec moi en ce moment, faudra attendre les beaux jours pour continuer... Je peux vous en faire part si ça intéresse.

Pour les bois de pays, le frêne, l'orme, le faux-acacia (ou robinier) sont des bois qui servent à la facture d'arc. Je pense faire un arc contre-collé en frêne (ou en orme, si mon menuisier préféré à ça sous la main quand je passerai chez lui). J'envisage effectivement une forme simple (une courbe régulière), avec collage et serrage sur cette forme, pour ne pas trop stresser l'arc si je le laisse bandé. Il n'est pas utile d'immerger le bois (sauf courbure trop importante), mais si tu le fais, tu le passes plutôt à la vapeur une bonne demi-heure, tu le cintres et tu le laisses sécher sur la forme. Une fois bien sec, on peut le coller.

 Là aussi, l'expérience et les ratages sont formateurs (même si c'est usant parfois...) On peut aussi mélanger différentes essences, selon leurs qualités en compression ou en traction.
Et enfin, l'arc "composite" est un arc avec une âme en bois, de la corne et du tendon... le tout collé à la colle de nerf, et il faut un séchage de plusieurs mois, sans garantie du résultat... Les arbalètes Han fonctionnent sur ce principe. Je n'en ai vu qu'une, de la bel ouvrage, mais le constructeur disait que le jeu n'en valait pas la chandelle si le seul plaisir était de tirer avec.
Enfin, pour Da, effectivement, les bois n'est pas la solution idéale. 

Mais le travail du fer nécessite du matériel et des compétences que je ne possède pas (encore, mais c'est en cours !!). Tu as raison, les arcs en matériaux composites modernes (carbone et autre...) sont ce qui se fait de mieux, mais là, je donne juste des pistes pour ceux qui voudraient construire une arbalète. Celle que tu achètes sera toujours plus performante (comme un arc d'ailleurs), vu qu'elle a été conçue par des pros. Celle que tu fabriques, moins performante, à l'avantage de pouvoir être facilement réparée ou entretenue en cas de problème, c'est son plus grand intérêt.

Modl

Réactions :

1 commentaires:

J'ai vraiment aimé cette image tutoriel et j'ai appris une idée créative de faire une arbalète .. Je AHVE été un lecteur assidu de votre blog et j'aime tout autre poste. Dans l'attente de votre prochain post.

Couteaux Printemps Assistée

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